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Pour Danielle Quinodoz

Je suis très touchée que Jean-Michel m’ait demandé de dire
quelques mots pour honorer la mémoire de Danielle.

Touchée parce que nous avions fait un parcours semblable, d’abord logopédiste avant de devenir psychanalyste. Passionnée par le langage, mais le langage n’était pas suffisant, en- soi. Il s’agissait d’écouter, d’entendre et de comprendre (prendre avec) d’embrasser dans son ensemble le sens, de ce qui habillé de mots, se disait, se cachait, se déguisait, se taisait.

Et ce n’était pas une démarche à sens unique, puisque Danielle pensait vraiment les mots qui touchent, dans une constante recherche de son authentique langage.

Lorsqu’elle prenait la parole dans notre société, c’était toujours pour dire le vrai, au sens de Platon, le vrai étant le beau, sans jamais se perdre dans les méandres obscurs de théories prétentieuses.

Lorsqu’elle prenait la parole, on la comprenait, elle était juste, simple, claire, pertinente, on l’écoutait. Elle avait de l’humour, et ses passing shot verbaux rapide et ironique arrivaient à débusquer les mots décalés, absurdes, et tout en plaisantant.

Elle était chaleureuse, humaine, tous ses patients le disent.

Danielle a écrit trois livres :
Le vertige, entre angoisse et plaisir
Les mots qui touchent
Vieillir, une découverte

Là aussi, dans sa créativité, elle est juste, sans maniérisme, engagée sans son métier. Comme elle le dit , par son sous-titre « Des mots qui touchent , Une psychanalyste apprend à parler » pour transmettre son expérience de clinicienne aux autres analystes et personnes intéressée par la psychanalyse.

Et toujours avec Danielle, il y avait Jean-Michel.
Un couple.

Lorsque Danielle donnait une conférence internationale ou nationale, Jean-Michel pointait son appareil de photo pour l’immortaliser. Comme il a bien fait!

Je les voyais arpenter les rues de Genève, leurs petits-enfants sur les épaules.

Il y a deux ans, à la FEP à Bâle, je les ai croisés, l’un appuyé contre l’autre, serrés, avançant lentement, souriants.

Comme l’écrit Danielle, Vieillir est une découverte, mais mourir qu’est-ce que sait, qui le sait?

Peut-être l’ineffable acceptation de l’abandon jamais apprivoisé.

Jacqueline Girard-Frésard, Genève, le 13.4.15